Vous l'avez sans doute compris, nous sommes de vraies midiniettes.

Quand on aime, on a envie de le crier très fort, les poings en l'air en agitant des machins colorés :

L-U-P-A-N-O... Lupano  (salto).

Filez donc sur son blog ou chez votre libraire (libraire, hein ...pas entrepôt mercantile de bouquins sans âme !) si vous sortez d'une grotte et que vous avez raté Les Communardes et les Vieux Fourneaux.

Les mots me manquent.

On n'a pas la pire fiche technique de l'ouest. Un sol stable, propre et plat. Ce n'est pas la mer à boire.
Non, c'est exact, ce n'est pas la mer. C'est un champ.En pente. L'herbe desséchée par un été torride n'a pas résisté à trois jours de festival. Il ne reste que de la paille, et de la poudre de terre. On s'attend presque à voir rouler des boules de sassafras au son de l'harmonica. Sauf que c'est un festival rock, il n'y a pas d'harmonica, mais des canettes de bières qui tintinabullent sous nos pieds. Il y a des tentes aussi. Partout. On est limite jaloux. En même temps, on est là pour bosser et franchement, on se demande un peu comment on va s'y prendre.  On a beau savoir, après des années de tournées, qu'on est tout terrain, on a un doute.Il a du monde. Sous les tentes. Ils n'ont pas l'intention d'en sortir sans avoir entendu au minimum un peu de guitare.
Ils nous regardent de loin, imbibés de musique et d'alcool, recuit de soleil, et visiblement à peine réveillés. Petite déambul pour tater le terrain. Ironie, colère et indifférence. A priori, ils veulent juste déjeuner en paix. Sauf qu'il est 15H, et qu'on a un contrat, il va falloir y aller. Heureusement les bénévoles ne nous ont pas abandonnés. Ils poussent devant eux des grappes de festivaliers réticents et à moitié nus. Les tapis font le reste. Après tout, être vautrés là ou ailleurs. Bon, avec un public, c'est quand même plus simple. Ivan démarre.  Mais ça ne ressemble pas à un public. Plutôt à une plage. ça se crème, ça discute cd et surtout ça se fout de la gueule de l'endimanché qui gesticule en face. Je commence à noter que sans enfants, notre peau ne vaut pas très cher, que peut-être on s'est endormis, à force de s'appuyer sur le rire du gamin, celui qui fissure le sérieux des grands, le début de la brèche. Pourtant le silence s'installe. Doucement. Je me dis qu'ils se sont endormis. Mais non. Ils se concentrent. Les "deux secondes", ils connaissent, et ils savent que même à jeun, ce n'est pas gagné. Le plus coriace est à côté de moi. En retrait. On sent le musiqueux. On sent trois jours de bières et de nuits blanches. Les clowns c'est pas son truc. Il vanne Ivan. Il commente. Il ricane. Et puis, sans s'en rendre compte, il conseille, il peste quand la tente se rouvre. Il compatit. Et enfin, il applaudit avec les autres comme un gamin.  Couvert de sueur et de poussière, Ivan salue, l'air hébété du cow-boy sorti vivant d'un rodéo. Mon rebelle se joint aux autres pour aller lui taper sur l'épaule.
On n'a changé la vie de personne sous le soleil de plomb de ce festival jurassien, mais on est partis, heureux comme des braqueurs de banques.
AB
 
 

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consignes aux parents

loges

lejeudelete

decibulles

automnepourrisite

ça devient urgent  !


"Désintox 01 !"   
https://www.youtube.com/watch?v=lIQw8fW3dLg


"Désintox 02 !"   
https://www.youtube.com/watch?v=VREBzeWNz94


"Désintox 03 !"   
https://www.youtube.com/watch?v=CuiyKhKYIpE

Y a des semaines qui ne valent pas la peine...

Manu Larcenet a fermé  Epais et tordu, son blog précieux et rare.

Disparue cette fenêtre magnifique sur un monde inconnu, le nôtre vu par Manu Larcenet.

Pourquoi ?

A cause du pillage. Il suffisait de regarder sans prendre, de venir s'y replonger les jours sans, de s'émerveiller de cette porte ouverte si généreusement, mais non...

Pas moyen, il faut avoir.

C'est peut-être un coq à l'âne mais des images circulent sur l'annulation d'un opéra à Toulouse par des intermittents. On y voit de beaux messieurs dans de beaux costumes arracher les barrières des grévistes et ça fait mal au coeur.

Nous travaillons pour vous, uniquement pour vous, peut-être n'est-il pas nécessaire d'arracher ce que nous donnons...

Bon, j'avoue, jusqu'ici ses mises en scène ne m'ont pas convaincue... Mais c'est quand même le directeur du Bel Image de Valence, et je dois le reconnaître : sa lettre a de la gueule !

 

 

 

Chères spectatrices,
Chers spectateurs,

Les idées reçues les plus grossières circulent ces jours-ci sur le monde de la culture en général et sur le régime de l’intermittence en particulier. Disons-le tout net, la convention négociée le 22 mars par certains partenaires sociaux, sourds aux propositions d’économies les mieux fondées, obéit à une logique doublement désastreuse : elle casse la dynamique d’emploi d’un secteur remarquablement actif en y aggravant les injustices. 

Il est intolérable que, non content de poursuivre la mise en coupe réglée du plus petit budget de l’Etat, le gouvernement envisage d’agréer pareille hérésie économique et sociale pour un secteur qui contribue 7 fois plus au produit intérieur français que l'industrie automobile. En quatre ans, l’emploi a par exemple augmenté de 30 % à La Comédie de Valence. Le développement de nos productions, vendues la saison prochaine à 70 théâtres, a permis la création de 13 emplois. Indissociable du régime de l’intermittence, cette économie est fragile. En la cassant, on casse autant le rêve des spectateurs que l’outil de production de ses acteurs. 

Toujours dans la rubrique "on est fan", le blog de Manu Larcenet.

Pour suivre un quotidien d'artiste, un peu noir peut-être, mais tellement précis.

Ou comment ne pas oublier de regarder les petites choses.

Non ?

M'enfin ?

Domi et Claude... Un classique de la rue !

 Ne cherchez pas, ce spectacle ne tourne plus...

Par contre, Stéphane Filloque se fait un plaisir de professer le Ridicule. Le vrai, le beau, le bien con. Et il faut avouer : c'est un maître !

 

 

C'est beau, c'est vrai, c'est juste... A lire pour comprendre le plus grand festival de théâtre de rue de l'intérieur...
"Fin d'Aurillac. 
Question rituelle : Alors , ça s'est bien passé pour vous ? 
Réponse habituelle : oui, ça s'est bien passé. 
 
Et chacun ment , on le sait bien. 
Annibal casse sa remorque, Les souffleurs, deux pannes de générateur en pleine forêt,  Royal se prend la foudre et annule, un jour où c'est payant... etc. 
Mais c'est comme ça , c'est un rituel français 
ça va, tu réponds oui ça va. 
 
 
 Donc j'essaye tant bien que mal de répondre à la question "alors comment ça s'est passé pour vous ?

 
22 écueils dans lesquels la ministre de la culture doit éviter de tomber
Si on avait eu le temps, on aurait dit pareil !


1-Croire que les fleurons de notre théâtre sont la Comédie Française,  le Festival d'Avignon, (ou pire encore, le Théâtre du Rond Point)

2- Augmenter la rente de l'Opéra qui a toujours besoin de plus d'argent.(Surtout qu'à Aix et Orange, s'ils ne virent pas leurs maires respectifs, c'est de la confiture aux cochons.)

3- Céder au lobby du Syndéac , au lobby des auteurs, au lobby de l'édition phonographique, au lobby pro-Hadopi, au lobby des fournisseurs d'accès à Internet, au lobby des marchands d'art... (liste non exhaustive)

4- Favoriser Paris en se disant que c'est la capitale (Il y a Bertrand Delanoë et Christophe Girard pour ça)

5- Etre la mondaine de service (cf. remarque précédente. Et de plus, Jack Lang est encore vivant).

6- Continuer de privilégier le public privilégié de la Culture (Les veaux sous les mères Libé/Inrocks Télérama)

Découvert au Tempo festival de Saint Leu, à la Réunion, Elu du théâtre Group'. Un vrai bon spectacle, bien écrit, magnifiquement joué, engagé ET drôle... Que demander de plus ? La Jurassienne de réparation dit Ivan, pour qui c'est LE spectacle...Alors foncez sur leur planning, et courrez les voir ! Dites que c'est de notre part !

theatrgroup

Lettre à sa fille :
Je t'écris, malgré tes trois ans, tant est grand le besoin de m'adresser à toi pour te raconter comment le silence a su me garder. Ces mots te parviendront plus tard. Aujourd'hui, où tu t'extasies dès lors que tu aperçois un toboggan, tu ne te soucies que de jouer. Le matin tu me reconduis à la porte me disant: «Papa au théyatavec Antigogne Éclèt et Dézanil».

T'écrire, c'est conjurer la peur que j'ai de mourir avant...

essai_hors cadre

Paulo Anarkao et ses cendres reposent joyeusement chez lui depuis le samedi 12 mars...la fête continue... Mais la rue est vide sans ses coups de gueules, et sa présence massive. Il jouait Matin Brun dans l'effervescence bordélique du Festival d'Aurillac. Personne d'autre que lui n'aurait osé. On se sent con.

Dix ans qu'on la croise sur les festivals Suisses (Festival de la cité de Lausanne, Paléofestival de Nyon ...) et voilà qu'elle écrit. Dans Chroniques d'outre-scène, Jeanne Perrin jette un oeil tendre et amusé sur le monde des coulisses. Et on s'y retrouve...