22 écueils dans lesquels la ministre de la culture doit éviter de tomber
Si on avait eu le temps, on aurait dit pareil !


1-Croire que les fleurons de notre théâtre sont la Comédie Française,  le Festival d'Avignon, (ou pire encore, le Théâtre du Rond Point)

2- Augmenter la rente de l'Opéra qui a toujours besoin de plus d'argent.(Surtout qu'à Aix et Orange, s'ils ne virent pas leurs maires respectifs, c'est de la confiture aux cochons.)

3- Céder au lobby du Syndéac , au lobby des auteurs, au lobby de l'édition phonographique, au lobby pro-Hadopi, au lobby des fournisseurs d'accès à Internet, au lobby des marchands d'art... (liste non exhaustive)

4- Favoriser Paris en se disant que c'est la capitale (Il y a Bertrand Delanoë et Christophe Girard pour ça)

5- Etre la mondaine de service (cf. remarque précédente. Et de plus, Jack Lang est encore vivant).

6- Continuer de privilégier le public privilégié de la Culture (Les veaux sous les mères Libé/Inrocks Télérama)




7- Utiliser les mots creux du jargon, la langue de bois. (cf Frank Lepage). AInsi, merci de bannir d'emblée "lien social", "attractivité", "innovation", "transdisciplinaire", "émergences".

8- Ne s'occuper que de l'organisation administrative, changer la DGCA, en DMDTS, ou DTS, puis en DGCTDAPPMO (Direction générale centrale du théâtre de la danse, des arts plastiques, du patrimoine et du mobilier urbain) et inventer des directions pour les fusionner ensuite.

9- Compliquer à souhait les demandes du subvention en gâchant son imagination à multiplier des cases improbables et des obligations de résultat chiffrés pour ce qui par définition est à l'état de projet.

10- Mettre en avant l'excellence culturelle et croire que la notoriété en est un signe.

12- Ecarter le hors- norme, le hors -case, le singulier, le dérangeant, le transversal, l'innovant

13- Ne pas quitter son bureau de la Rue de Valois à Paris. Les colonnes de Buren sous les fenêtres, c'est bien, mais  l'art bat aussi la campagne en territoires délaissés.

14- Se laisser grignoter son petit budget au nom de la Crise et céder à Mme Tina à Bercy.

15. Croire qu'une politique culturelle se justifie au nom de l'économie, et jargonner avec" l'attractivité des territoires" , "l'économie mauve de la connaissance" et autres fariboles mainstream.

16 . Faire revenir les vieux canassons de l'ère Mitterrand à l'écurie du ministère ou aux postes de conseillers. Ils ont amplement mérité d'une retraite paisible au pré.

17. Se laisser persuader par les industriels et marchands que le partage non marchand est l'ennemi des artistes.

18. Confondre culture populaire et succès d'audience de produits industriels.

19. Se débarrasser l'Education populaire dans son ministère au profit de celui des Sports.

20. Croire que la transparence, en matière de soutien artistique, passe par des appels d'offres et autres procédures technolibérales transformant les associations en vendeurs de savonnettes. Il faut avec la prime aux meilleurs ficeleurs de dossiers.

21. Se soumettre aux directives européennes sur la concurrence en oubliant que la culture n'a rien à voir avec un "service marchand".

22. Entretenir la guéguerre touristique des territoires à coup d'événementiel et d'usines à gaz parfois rebaptisées "capitales culturelles".

Jacques Livchine et Valérie de Saint-Do